En LMNP au réel, il faut conserver un justificatif pour chaque dépense, mais la facture n’est pas toujours obligatoire : le ticket de caisse peut suffire pour les petits montants, alors qu’une facture nominative est exigée pour les achats importants ou amortissables.
Ticket de caisse en LMNP : pour les dépenses courantes
Pour les dépenses courantes de faible montant (produits d’entretien, petit outillage, fournitures, petits repas lors de déplacements), un simple ticket de caisse est généralement admis, à condition qu’il soit lisible, détaillé (nature de l’achat, date, montant TTC, TVA) et rattaché clairement à l’activité LMNP.
La plupart des fiscalistes et sites spécialisés indiquent qu’en dessous d’environ 150 € TTC par achat, un ticket de caisse est toléré comme pièce justificative, surtout s’il est intégré dans une note de frais ou annoté pour expliquer le lien avec la location.
Facture obligatoire : un seuil de 150€ ?
Pour toute dépense importante (mobilier, électroménager, travaux, équipements durables) ou amortissable, une facture nominative est recommandée voire indispensable, car c’est le seul document qui a une vraie valeur probante en cas de contrôle.
De nombreux guides LMNP prennent comme seuil pratique 150 € TTC : au‑delà, il est fortement conseillé d’exiger une facture à votre nom ou au nom de votre activité (SIRET LMNP), avec détail des biens, taux de TVA et coordonnées complètes du vendeur.
Quels justificatifs garder selon le montant de la dépense en LMNP ?
En LMNP au réel, la règle pratique est la suivante : ticket de caisse accepté pour les petites dépenses courantes (en gros < 150 € TTC), facture nominative exigée dès que le montant est important, qu’il s’agit de mobilier/électroménager/travaux ou d’un bien amortissable.
Moins de 150 € TTC
Pour les dépenses de faible montant, un ticket de caisse détaillé suffit en général si :
- le montant reste en dessous d’un seuil d’environ 100–150 € TTC
- la dépense est clairement liée à l’activité LMNP (produits d’entretien, petit outillage, ampoules, vaisselle, petit électroménager non amortissable, parking, péage, etc.)
Le ticket doit être lisible, mentionner la date, le montant TTC, le détail des produits et le commerçant ; beaucoup de spécialistes recommandent d’annoter le ticket (nom du bien loué, usage) et de le classer avec vos relevés bancaires.
À partir de 150 € TTC
Dès que la dépense dépasse 150 € TTC, il est fortement recommandé, et souvent considéré comme obligatoire, d’avoir une facture conforme à votre nom ou à celui de votre activité (avec SIRET et adresse du bien si possible).
Cela vise notamment :
- mobilier et électroménager (canapé, lit, frigo, four, aspirateur, etc.)
- travaux et prestations de service (rénovation, plomberie, électricité, ménage pro, désinsectisation)
- tout bien ou équipement destiné à être amorti comptablement.
Cas particuliers et prudence
Certains auteurs conseillent d’exiger une facture dès qu’il s’agit d’un achat « stratégique » (mobilier, matériel, travaux), même sous 150 €, pour sécuriser l’amortissement et la déductibilité.
Quoi qu’il arrive, l’administration applique une logique simple : pas de justificatif sérieux (ticket ou facture adapté au montant et à la nature de la dépense), pas de déduction possible ; en cas de doute, la facture reste le justificatif le plus sûr.
Quelle différence comptable entre facture et ticket en LMNP ?
En LMNP au régime réel, la différence comptable majeure entre une facture et un ticket de caisse réside dans leur valeur probante : la facture est un document légal nominatif avec mentions obligatoires (SIRET acheteur/vendeur, détail HT/TVA, description précise), garantissant la traçabilité et l’amortissement des biens durables, tandis que le ticket est une simple preuve de paiement anonyme, limitée aux petites dépenses courantes.
| Critère comptable | Facture | Ticket de caisse |
|---|---|---|
| Détail des biens/services | Description précise (obligatoire pour amortissement) | Sommaire ou générique |
| Mentions fiscales (HT/TVA/SIRET) | Complet (nom acheteur, vendeur, taux TVA) | Absent ou partiel |
| Amortissement possible | Oui, sur durée (ex. : canapé sur 5-10 ans) | Non, dépense immédiate seulement |
| Seuil d’usage recommandé | > 150 € TTC ou biens durables | < 150 € TTC, fournitures courantes |
| Risque en contrôle | Faible (preuve solide) | Élevé (souvent requalifié) |
En pratique, la facture optimise la liasse fiscale en sécurisant les charges déductibles, tandis que le ticket expose à un redressement si non complété par un relevé bancaire ou note explicative.
Privilégiez toujours la facture pour les achats stratégiques afin d’éviter toute remise en cause comptable.
Comment obtenir une facture nominative auprès d’un fournisseur ?
Pour obtenir une facture nominative auprès d’un fournisseur (magasin, artisan, prestataire), il faut la demander explicitement au moment de l’achat ou de la prestation, en précisant vos coordonnées fiscales (nom, adresse, SIRET LMNP et adresse du bien loué) et en vérifiant que la facture contient bien toutes les mentions obligatoires.
1. Demander la facture au moment de l’achat
- En magasin / grande surface :
- Pour un artisan / prestataire (plombier, peintre, électricien, ménage pro, etc.) :
2. Fournir les bonnes coordonnées
Pour que la facture soit valable en LMNP, elle doit comporter :
- Votre nom complet (ou raison sociale si vous êtes en nom commercial)
- Votre adresse personnelle (ou siège de l’activité)
- Votre numéro SIRET (obligatoire pour le régime réel)
- L’adresse du bien loué (très utile pour le fisc).
Exemple de phrase à donner au fournisseur :
« Voici mes coordonnées pour la facture :
Nom : [Votre nom]
Adresse : [Votre adresse]
SIRET : [Votre numéro SIRET]
Bien loué : [Adresse du bien]
Merci de bien vouloir établir une facture nominative avec ces éléments. ».
3. Vérifier les mentions obligatoires
Avant de quitter le fournisseur, jeter un œil rapide à la facture pour s’assurer qu’elle contient :
- Identité complète du vendeur (nom, adresse, SIRET)
- Votre identité complète (nom, adresse, SIRET)
- Numéro de facture unique et chronologique
- Date d’émission
- Description détaillée des biens ou services (pas juste « prestation » ou « travaux »)
- Montant HT, montant TTC et taux de TVA
- Adresse du bien loué (fortement recommandé).
Si un élément manque (SIRET, description, etc.), demander une rectification immédiatement.
4. Que faire si la facture n’est pas fournie ?
- En magasin :
- Pour un artisan / prestataire :
- Envoyer un mail ou un courrier poli :
« Bonjour, je suis votre client pour la prestation du [date] au [adresse du bien]. Je suis loueur en meublé non professionnel et j’ai besoin d’une facture nominative pour mes déclarations fiscales. Pourriez-vous m’envoyer une facture à mon nom, avec mon SIRET et l’adresse du bien loué ? » - Joindre le devis signé et le relevé bancaire si nécessaire.
- Envoyer un mail ou un courrier poli :
Comment présenter les tickets de caisse lors d’un contrôle fiscal ?
En cas de contrôle fiscal LMNP, les tickets de caisse doivent être présentés classés par année et par bien loué, accompagnés obligatoirement d’un relevé bancaire prouvant le paiement et d’une note explicative détaillant la nature de la dépense et son lien avec l’activité locative, pour compenser leur faible valeur probante.
Préparation des documents
- Classement chronologique : Organisez les tickets par exercice fiscal (N-1, N-2, etc.), avec un classeur ou dossier numérique dédié à chaque bien (adresse, quittance locative jointe si pertinent).
- Relevé bancaire joint : Chaque ticket (> 25 € idéalement) doit être couplé à l’extrait de compte montrant le débit correspondant (date, montant, libellé commerçant).
- Note explicative manuscrite ou tapée : Indiquez sur une feuille jointe ou directement sur le ticket (via annotation) : « Dépense pour [adresse bien] – [nature précise, ex. : ampoules chambre locataire X] – Date utilisation : [jj/mm/aa] ».
Présentation lors du contrôle
Lors de la notification de contrôle (lettre ou rendez-vous), transmettez un dossier complet en format papier ou PDF structuré :
- Tableau récapitulatif des dépenses par catégorie (fournitures, entretien), avec colonnes : date, montant, ticket numérisé, relevé bancaire, note explicative.
- Seulement pour petites dépenses (< 150 € TTC, non amortissables) ; au-delà ou pour mobilier/travaux, priorisez les factures nominatives.
- Scannez les tickets thermiques à risque d’effacement et conservez-les 10 ans minimum.
Sans ces compléments (relevé + note), l’administration peut rejeter la déductibilité des tickets, entraînant redressement + pénalités (10-40% + intérêts). Faites appel à un comptable LMNP pour valider votre présentation et anticiper via une liasse fiscale propre.





